Oops ♦ Nova

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MessageSujet : Oops ♦ Nova   
Dim 22 Oct - 21:28

Les gloussements d'un groupe d'étudiantes rassemblées autour d'une table résonnent un peu trop fort dans la salle. Il n'en faut pas plus pour que la mince et sévère silhouette de Mme Weaver se dresse derrière le bureau, bien vite accompagnée par un « chuuuut » menaçant. Les filles étouffent leur rire dans le creux de leur paume et se planquent inutilement derrière leurs manuels pour éviter les foudres de l'austère bibliothécaire. Un léger sourire étire le coin de mes lèvres tandis que, de loin, j'aperçois ma supérieure rouspéter et grommeler dans sa barbe, poings sur les hanches, contre ces éternels visiteurs trop bruyants. Parfois, je me dis que Mme Weaver a vieilli bien trop vite. Et parfois, je me remémore de toutes ces années humaines que j'ai vu passer depuis le ciel. Comparé à elle, je me dis que, finalement, elle a probablement toujours été comme ça. C'est bien plus rassurant.

Mes pensées se détournent bien vite des étudiantes hilares. Alors que je me glisse entre deux gros rayonnages, les souvenirs de ma vie d'antan continuent de fleurir doucement à la surface de mon esprit rêveur. Tout en continuant machinalement mon chemin, je me perds distraitement dans le fil de ma mémoire. Cela m'arrive régulièrement depuis quelques jours. Cette constatation paraît étrange, quand en réalité je n'ai que très peu repensé à tout ceci au cours de l'année passée. Pourquoi maintenant ? Serait-ce lié à mon retour encore plus ou moins récent à Polaris, là où tout a débuté ? Est-ce sinon là ce que l'être humain qualifie de … mélancolie ? Si j'en crois ce que je sais sur ce sentiment, je devrais pourtant être assaillie d'une douce tristesse, là où aujourd'hui je n'ai ressentie qu'une ombre dérangeant brièvement ma bonne humeur.

Plongé dans mes réflexions hasardeuses, je marmonne à l'adresse d'un gamin qu'il ne faut pas courir à l'intérieur du bâtiment sans trop m'en rendre compte. Mes baskets s'arrêtent d'elles-mêmes devant une étagère. Je fronce les sourcils en m'apercevant soudain que je suis en train de relire pour la quatrième fois la même étiquette, toujours sans comprendre le sens des lettres qui dansent devant mes yeux songeurs. Je me secoue mentalement et essaye tant bien que mal de me recentrer sur mon boulot. D'un mouvement quelque peu incertain, je réaffirme ma prise déjà plus ou moins précaire sur la pile de livres que je tiens entre mes bras. Mon nez se lève de nouveau vers les étagères pleines à craquer de la bibliothèque. En quelques gestes, je me déleste de quelques ouvrages ci et là, grimpant sur la pointe des pieds pour les ranger à la bonne place. Depuis un petit moment, Mme Weaver ainsi que mes autres collègues s'arrangent subtilement pour m'éviter toute escalade sur les vieilles échelles qui parsèment les rayonnages. C'est que j'ai failli lui faire avoir une syncope, à la vieille femme, la fois où j'ai manqué de me tuer le coccyx après une chute de plusieurs mètres.

Satisfait, je recule d'un pas et amorce un mouvement dans l'optique de reprendre ma route. Mais ça, c'était sans compter sur l'ouragan un peu trop pressé sur la trajectoire duquel je venais de me placer.  La jeune femme heurta mon épaule avant même que je ne la vois arriver. Déséquilibré, mon premier reflex désespéré se dessine dans l'espoir de rattraper les bouquins qu'il me reste dans les mains. Mais la gravité m'aspire. Je me retrouve sur mon séant, brusque stoppé dans ma chute par le gigantesque rayonnage dans mon dos, des romans aux pages froissés serrés contre moi. Le mur de livres s'ébranle dangereusement. Les centaines de kilos de papier tressaillent et tanguent derrière moi. Je serre les dents et rentre la tête dans les épaules. Par chance, seuls quelques livres dégringolent de leurs étagères pour tomber au beau milieu de l'allée. Une encyclopédie atterrit sur mon crâne, si bien qu'une série d'étoiles dansent par pure ironie devant mes yeux alors que je découvre une tête blonde et féminine devant moi. J'ignore si c'est le choc. Mais la demoiselle m'apparaît cruellement belle.

Aïe bon sang.
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MessageSujet : Re: Oops ♦ Nova   
Lun 23 Oct - 11:08

abandonne tout espoir, toi qui entre ici.

Clairement, c’est le genre de panneau que tu t’attendais presque à trouver en posant le pied sur le vieux carrelage, parsemé de tapis de la bibliothèque. Tes pas avaient résonnés dans tout le bâtiment, lorsque tu t’étais avancée vers la vieille dame à lunette, assise à son bureau, presque enfouie sous une pile de bouquin rapportés. Tu n’avais jamais mis les pieds ici … En vérité, tu n’avais plus mis les pieds dans un bibliothèque depuis que tu avais claquer les portes de l’Université de New-York. Et non. Ca ne t’avais pas manqué. Parce qu’ici, tu dénotais complètement avec l’ambiance et le décor. Tu avais horreur du silence. Tu avais toujours eu tendance à associer ça à des trucs pas super funs comme … la mort. Ou encore ce silence pesant qui régnait à la maison quand tes parents avaient fini de se disputer. Mais pour cette fois, c’est pour le travail … alors, tu essais de faire un effort et tu expliques le plus calmement et précisément possible à cette gentille dame ce que tu veux. Et elle t’indique rapidement un rayonnage dans lequel aller fureter pour trouver ton bonheur.

Oui. Oui mais voilà. Tu étais loin de t’attendre à ce que cette modeste bibliothèque soit aussi gigantesque et surtout, aussi pleine de livre. En vérité. Il y en a de toutes sortes, et surtout, tu le remarques bien vite, de tous les âges. Certains ouvrages, situés un peu en hauteur sont d’ailleurs exceptionnellement imposant et tu grimaces en songeant que peut-être, ce que tu cherches si trouveras dans un livre comme ça. Tu souffles. Tu soupires. Tu parcours de long, en large les immenses étagères, marmonnant de temps en temps ce qui se trouve écrit sur le petit bout de papier que tu tiens en main. Tu sursautes, quand un l’éclat de rire d’une jeune femme bien briser le silence. Et puis. Tu finis par t’arrêter. Là-haut, tout à fait hors de ta portée, se trouve la collection de livres que tu cherches. Toute une série d’ouvrage, uniques, édités par le journal local et regroupant tous leurs articles depuis la création de leur journal. De la simple disparition de petit chien, aux trucs les plus sordides, tout ce qui avait été jugé digne de devenir un sujet pour remplir les pages du quotidien se trouvait dans ces énormes bouquins. Il y en avait cinq. Autant dire que tu allais sans doute y passer des jours. L’idée te fais soupirer. Encore. Et puis, rageusement, tu finis par fourrer la petite note dans ton sac en bandoulière avant de te mettre à sautiller pour essayer d’attraper au moins l’un des ouvrages … peine perdue. Ton petit mètre soixante dix est loin de suffir. Alors, tu abandonnes, et désormais pressée d’en finir avec cette tâche ingrate qu’est la recherche d’une infos, sans internet, tu te précipites littéralement hors du rayonnage pour retourner à l'accueil et demander à cette dame si, par hasard, elle n’avait pas sous le coude une bonne âme pour escalader et te faire descendre le premier tome. Bah oui. Autant commencer par le début. Oui … sauf qu’encore une fois, pressée, perdue dans tes pensées, tu ne vois rien autour de toi. Même pas l’être humain, pourtant pas invisible, qui se trouve sur ton chemin et que tu bouscules sans ménagement. Tu ne réagis, que lorsque le mal est fait. Lorsque les bouquins volent, avant de s’écraser au sol et que l’homme, déséquilibré ne chute, dos contre l’étagère. Tu positionnes alors tes mains devant toi, lorsque tu vois le meuble trembler et menacer de s’effondrer, comme si tes mains pouvaient te protéger si ça arrivait. Tu retiens ton souffle … mais rien. En vérité, seuls quelques livres tombent des étagères les plus hautes. D’ailleurs, une encyclopédie vient directement s’écraser sur la tête de ce que tu supposes être un employé de cette bibliothèque et tes mains, quittent aussitôt leur position défensive pour venir se placer sur ta bouche. “Oh merde.” C’est tout ce que tu trouves à dire pour le coup. Et dire que tout ça, c’est de ta faute.

Bon. L’effet de surprise, et le choc passé, tu te décides enfin à prendre la mesure des dégâts en t’agenouillant près de l’homme. “Euh … est-ce que ça va ?” Mais l’espace d’un instant, il semble ailleurs. Sonné. “Allo ?” Et comme poussé par un réflexe étrange venu d’on ne sait où, tes doigts viennent se poser sous son menton. Tu lui lèves délicatement la tête. Tentant de capter son regard. “Je suis vraiment désolée, c’est tout moi ça. La tête, ça va ? Rien de cassé ?”
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MessageSujet : Re: Oops ♦ Nova   
Mer 25 Oct - 18:23

Il me faut un instant avant de remettre les choses en ordre sous mon crâne lancinant. Deux doigts se glissent sous mon menton pour me faire relever la tête. Je grogne sous la douleur qui tambourine à intervalle régulier contre mes tempes et passe mes deux mains sur mon visage. Une grimace endolorie en travers des lèvres, je frotte précautionneusement la zone sensible de mon cuir chevelu. La manœuvre porte plus ou moins ses fruits, mais je lève enfin les yeux vers la jeune femme agenouillée devant moi. Elle a dit quelque chose je crois. Le timbre contrit qu'elle a utilisé pour s'excuser sonne encore à mes oreilles. Je reste con une seconde. Pendu à ses yeux. Il n'y a pas de doute, c'est la première fois que nos chemins se croisent. Et pourtant, il y a comme quelque chose de familier tout au fond de ses pupilles. Je finis par lâcher un éclat de rire confus, réalisant subitement que je me suis encore donné en spectacle.

- Haha, eh bien, c'est tout moi aussi … Tout ça.

Je me frotte nerveusement la nuque et désigne d'un geste les livres parsemés dans l'allée. À bien y réfléchir, j'ai eu plutôt pas mal de chance sur ce coup-là. Si le rayonnage était véritablement tombé en arrière, cela aurait provoqué un horrible effet domino avec toutes les autres étagères alignées les unes à côté des autres sur toute la longueur de la bibliothèque. Cette fois, j'aurais probablement été mis à la porte. A juste titre.

- C'est bon, ce n'est qu'une petite bosse en plus.

Je lui adresse un sourire qui se veut rassurant, mais qui apparaît peut-être plus idiot qu'autre chose. Il y a quelque chose d'attrayant chez elle, quelque chose de suffisamment dérangeant pour que je ne parvienne plus vraiment à détourner mon attention d'elle. Puis soudain une tête se glisse discrètement au bout de l'allée ; Une collègue qui vient s'enquérir de l'ampleur des dégâts. Je me précipite pour me relever maladroitement et lui signifie d'un signe que tout va bien. Tout est sous contrôle. Pas de panique. Elle disparaît tout aussi vite, ce qui m'arrache un léger soupir soulagé. Le pire a été évité. Mme Weaver n'a pas rappliqué. Et l'intrigante inconnue ne s'est toujours pas envolée.

- Je ne vous avais pas vu arriver, expliquais-je, à deux doigts de me confondre à mon tour en excuse, tant ce petit truc totalement inexplicable chez elle me déstabilise. Ce faisant, je ramasse deux livres écrasés contre le carrelage à proximité, comme piqué par l'envie soudaine d'avoir les mains occupées. D'ailleurs, vous aviez l'air plutôt pressée.

Je m'immobilise et lui fais pleinement face.

- Vous … cherchiez quelque chose ? demandais-je, hésitant, mais prêt à aider, rien que pour ne pas la voir disparaître définitivement au premier coup de vent.  
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MessageSujet : Re: Oops ♦ Nova   
Sam 28 Oct - 10:36

Tu tentes tant bien que mal de rester calme, du moins, en apparence. Parce que dans ton crâne, c’est clairement déjà la panique. Une fois les étagères à l’abri du danger de l’effet domino que tu voyais déjà se produire, tu te concentres sur l’homme. Et tu te mets à élaborer au moins cinq cent scénarios, tous plus idiots les uns que les autres. Et puis, tu te fais la morale à toi-même, intérieurement. Et bizarrement, tu ressens … quelque chose comme de la colère, pour toi même. Comme si, une part de toi avait tout bonnement envie de t’étrangler pour ce que tu venais de faire. C’est léger, bien sûr. Mais c’est là. Et tu t’efforces de chasser illico presto ce sentiment totalement bizarre pour te concentrer sur l’employé de bibliothèque que tu aurais bien pu tuer, indirectement, à coup d’encyclopédie.

L’espace d’un instant, alors que tu te confonds en excuse et que tu tentes de savoir s’il va bien, il te fixe. Sans bouger. Son regard se perd dans le tien, et tu te demandes si c’est l’effet du choc. S’il est dans le brouillard. C’aurait pu être dérangeant, d’ailleurs. Cette façon qu’il avait de te fixer, mais non … en réalité, tu aurais pu rester comme ça, face à lui encore un moment sans que cela ne t’indispose le moins du monde. Mais brusquement, il se met à rire après avoir masser légèrement le haut de son crâne. “Haha, et bien, c’est tout moi aussi … Tout ça.” Et tout en disant cela, il te désigne le bazar qui règne sur le sol. Les livres qui jonchent le carrelage, et qui s’étalent un peu partout dans l’allée. Tu souris. En un sens, parce que tu te sens subitement moins seule dans ta bêtise. Tu ne fais attention à rien. C’est bien connu, que tu as toujours à la tête ailleurs. En général, les catastrophes que tu causes n’impliquent que toi mais là … Il aura été la pauvre victime du jour de ton empressement presque maladif. “C’est bon, ce n’est qu’une petite bosse en plus.” C’est déjà ça … Quoi que, au final, ses tentatives pour te rassurer ne fonctionnent qu’à moitié. “Vous êtes sûr ?” Manquerait plus qu’il ait une commotion, un truc dans le genre. “Vous devriez voir … un médecin. Quand même.” Tu te racles la gorge. Encore une fois, il te fixe. Et toi, tu te rends compte que tu n’arrêtes pas de sourire comme une idiote. Tu ne t’en étais même pas rendu compte, jusque là. Gênant, n’est-ce pas ? Puis, subitement, son regard change de direction, et tu te retournes pour voir une tête pointer au bout de l’allée. Il se redresse, et tu en fais de même. “Je ne vous avais pas vu arriver.” Et ça ne t’étonnes pas, en réalité, puisque toi même tu ne l’avais vu que trop tard entrer dans ton champ de vision. Il se met à ramasser quelques livres qui traînent … et tu te rends compte qu’il va sans doute devoir ranger tout ce bazar, encore à cause de toi. “D’ailleurs, vous aviez l’air plutôt pressée.” Tu acquiesces de la tête. Pressée, tu l’es toujours de toute façon. Une vraie pile électrique. Tu ne sais pas prendre ton temps. Tu passes ton temps à courir. “Oui je suis sur une affaire … bon, elle est naze mais bon. C’est du boulot alors je … Je me dépêche.” Toujours ton affaire de chiens volés totalement chiante. Tu soupires, en repensant à cette histoire affreusement ridicule. “Vous … Cherchiez quelque chose ?” Tu agites de nouveau la tête pour lui signifier que oui, mais ton regard est attiré ailleurs. Tu enjambes quelques bouquin au sol, et tu passes près de lui pour retourner au niveau des livres que tu essayais d’attraper. Ils n’ont pas bouger. “Ça.” Et du doigt, tu indiques les cinq tomes des bouquins que tu voulais. “Évidemment, ceux là, ils sont pas tombés.” La poisse jusqu’au bout quoi. Alors tu soupires, et puis tu te mets à ramasser quelques livres toi aussi. Parce qu’après tout c’est de ta faute, et que maintenant, ton empressement de quitter cet endroit à totalement disparu. C’est rare quand tu t’arrêtes de courir et de fouiner au beau milieu d’un boulot, mais là, tu en as probablement besoin. “Je suis détective … enfin j’essaie.” Parce que clairement, ce n’est pas bien brillant. Pour le moment, ce n’est pas une réussite tout ça. Tu finis par te redresser, avant de lui mettre la pile de livre que tu viens de ramasser entre les mains. “Je m’appelle Nova.” Et tu ponctues cette simple présentation d’un sourire, mi désolé, mi enchanté.
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MessageSujet : Re: Oops ♦ Nova   
Sam 28 Oct - 22:54

Spoiler:
 

Aussi pressée qu'elle semblait être peu de temps auparavant, mon inconnue a désormais plutôt l'air décidée de vérifier que je ne vais pas tomber comme une masse sur le carrelage après deux pas effectués. Elle tente plus ou moins de justifier son empressement et … un instant je me demande malgré tout si l'encyclopédie ne m'a pas vraiment ramolli le crâne. Peut-être qu'elle avait raison lorsqu'elle parlait d'aller consulter un médecin, juste au cas où. De quoi parle-t-elle au juste ? Une affaire ? Naze ? Au milieu d'une bibliothèque ? Je fronce légèrement les yeux. C'est peut-être encore un aspect du langage humain qui m'échappe. C'est foutrement déstabilisant. J’acquiesce d'une mine sérieuse, comme si je prenais vraisemblablement conscience de la gravité de sa situation, et jette l'air de rien un petit coup d’œil par-dessus son épaule, juste histoire de vérifier que ce truc après quoi elle courrait n'est pas en train de s'enfuir au bout de l'allée.

Et bien heureusement, la question suivante sauve les apparences. La jeune femme me passe sous le nez d'un pas déterminé pour aller pointer du doigt une série de livres poussiéreux et probablement aussi vieux que le monde. Je ris malgré moi à sa remarque, étouffant une petite grimace en avisant la hauteur des foutus bouquins. Puis, je me retrouve heureux comme un ahuri en comprenant qu'elle ne va pas partir d'ici aussi vite qu'elle en avait pourtant l'air. Peu importe que grimper en haut de ces étagères me fasse risquer une vraie commission cérébrale cette fois. J'ai vraiment envie de lui filer un coup de main.

- Oh. Ok, pas de souci. Il va falloir aller chercher une échelle.

J'ai encore le nez levé vers le plafond lorsqu'elle me colle une pile de livres entre les bras. Au passage elle m'apporte aussi la réponse à mes incompréhensions précédentes. Détective. Ah oui. Rien que ça. Je n'avais jamais rencontré de détective. L'idée éventuelle qu'elle pourrait être en train de bûcher sur une histoire complètement glauque me passe à des années-lumières de l'esprit. C'est juste …

- Fascinant, soufflais-je, les yeux bourrés d'étoiles, sans vraiment savoir si je parle plus de son job à plein temps que de son prénom.

Là d'où je viens, « Nova » désigne un astre particulièrement brillant. Quelque chose de beau, de rare et de fugace. Alors, ce prénom c'est … aussi étrange que surprenant. Je finis par lui faire un sourire plus large, sortant subitement de ma torpeur émerveillée, et réajuste ma prise sur les ouvrages entassés entre mes bras.

- Et je m'appelle Altais. C'est peu commun, comme … comme votre nom.

Je ne doute pas un instant qu'elle ne fera pas le rapprochement avec l'étoile. La vraie. Celle qui a disparu de sa constellation du jour au lendemain. Une étrange pointe d'amertume me frappe abruptement à ce souvenir, mais je m'empresse aussitôt de l'écarter. L'idée que nos deux prénoms viennent du ciel me plaît bien trop pour me laisser distraire par une mélancolie éphémère.

- Eh bien, on va s'occuper de vos livres, Nova.

Sans plus m'en préoccuper, je me débarrasse lourdement de ma pile sur un bout d'étagère libre. Par contre je déchante très vite en constatant qu'aucune échelle, ni même le moindre petit escabeau, ne traîne dans les parages. J'esquisse tout d'abord un mouvement dans l'optique d'aller en chercher un ailleurs. Puis je me souviens que Nova est particulièrement pressée. Une affaire naze, mais urgente. Je ne suis toujours pas certain d'avoir tout compris, mais ça ne m'empêche pas de me tourner vers elle pour autant, tout sourire.

- Je vous fais la courte-échelle ?
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MessageSujet : Re: Oops ♦ Nova   
Jeu 2 Nov - 11:54

Spoiler:
 

En toi, il y a cette petite voix que tu connais bien. C’est elle qui depuis des années, te pousses à jouer la fusée, à toujours courir, te dépêcher, foncer, parfois tête baissée. Elle te hurle d’arrêter de perdre ton temps, de filer comme tu sais si bien le faire, et de le laisser se débrouiller parce qu’après tout, c’est son boulot à ce jeune homme, pas le tien et que toi, t’as bien autre chose à faire. Comme empocher l’argent de la vieille dame quand tu lui auras enfin rendu son roquet. Non, ta petite voix n’a jamais été très sympathique, ou très compatissante. Tu t’es toujours dit que c’était l’une des pires parties de toi. En vérité, tu ne l’aimes pas beaucoup, cette part de toi. Celle qui pense à réussir, avant tout le reste. Parce qu’au fond, est-ce vraiment le plus important ? Probablement pas. Alors, pour cette fois, tu écoutes plutôt ce murmure inconnu, très lointain, qui semble te souffler, te supplier même de rester ici, et de continuer à fouiller dans les parages pour tenter d’obtenir ces fichus bouquins. Et puis tant pis, si finalement, ça prend plus longtemps que prévu. De toute façon … tu n’es pas vraiment pressée de retourner bosser sur cette affaire fichtrement ridicule.

Tu fixes encore les livres en question, quand il te parle d’échelle et tu hoches finalement la tête, plaçant les livres que tu avais ramassé entre ses bras, ne sachant pas où les poser. Tu en viens alors à parler de toi, sans doute plus pour expliquer ton empressement qu’autre chose. Tu lui parles de ton boulot, qui n’est finalement même pas celui des deux qui te prends le plus de temps, au final. Tu passes aussi rapidement sur cette affaire super chiante qui te prends vraiment le chou. “Fascinant.” C’est bizarre. Mais à ce moment, il te fait rire. Tu ne sais pas trop pourquoi. Peut-être tout simplement parce que ce n’est finalement, en ce moment, pas si “fascinant” que ça … Ou alors est-ce cette expression qui se peint sur son visage. Comme s’il venait de rencontrer quelqu’un qui fait quelque chose de très spécial, d’un peu hors du commun. Ca te fait te sentir bien, l’espace d’un moment. Un peu … spéciale, aussi. Mais ça passe très vite. Et tu en viens à te présenter, te rendant compte que c’est peut être la moindre des choses après tout ça. Ton prénom semble le faire sourire. “Et je m’appelle Altais. C’est peu commun comme … comme votre nom.” C’est vrai. Pas commun … Et subitement, tu prends conscience de la coïncidence ; vos prénoms ont une origine presque commune. Pas si éloignée. Altais … ce prénom résonne dans ta tête. Tu l’as déjà entendu quelque part. Tu connais ce nom. “Comme l’étoile …” Ca sort presque tout seul. C’est le fond de ta pensée qui s’échappe, en quelques sortes. Et quand tu t’en rends compte, c’est déjà trop tard, c’est dit. “Non ? J’avais des tonnes de bouquins sur l’astronomie chez mes parents. Mon père adorait ça … D’où le prénom.” Nova. Ça venait de ton père, oui. Plus brillante que toutes les autres étoiles du ciel. C’est ce qu’il disait. Mais tu te ressaisis, pour revenir sur Terre. “Eh bien, nous allons nous occuper de vos livres, Nova.” Dans sa bouche, ton prénom résonne étrangement. Si bien que tandis qu’il se débarrasse des bouquins que tu avais refiler entre les bras, tu baisses légèrement les yeux, et tu souris. Il est peu commun, cet Altais. Tu ne sais pas en quoi, tu ne sais pas pourquoi. C’est juste un constat qui se fait naturellement dans ton esprit. C’est presque naturel, d’être là, à côté de lui. Comme si c’était … ta place. Totalement ridicule. Tu secoues même légèrement la tête, pour remettre tes idées en place. Il est beau, oui. Il a un regard particulier. Une voix apaisante aussi. Mais, c’est pas une raison. T’es pas ce genre de fille à tomber sur le charme pour si peu. Tu vas récupérer tes bouquins. Et puis tu vas t’en aller. Et te connaissant, tu ne reviendras jamais dans cette bibliothèque, ou pas avant des années. Dommage.

Tu soupires. Et puis tu relèves la tête, posant les yeux sur Altais qui semble chercher quelque chose du regard. Une échelle, sans doute. Et lorsque tu observes les alentours à ton tour, tu constates qu’il n’y en a pas. Il fait alors un pas dans une direction de l’allée. Sans doute pour en chercher une ailleurs … et là, ta petite voix te hurles que c’est le moment de fuir cette situation encore plus bizarre que ton affaire. Et ça. C’est comme s’il le prévoyait, ou l’anticipait. Puisqu’aussitôt, il se ravise et revient vers toi. “Je vous fais la courte-échelle ?” Oui, alors ça … ce n’était clairement pas prévu au programme. Tu l’observes, un moment, incrédule. Et son échelle, alors ? Et puis, tu observes l’étagère, et tu poses le regard sur les bouquins qui t’intéressent. Ils ne sont pas si haut après tout. Alors, tu retires ton sac de ton épaule, et tu le poses près de la pile de livres, pour finalement t’approcher du jeune homme. “D’accord !” En espérant cette fois, ne pas provoquer de catastrophes.

Peu à l’aise, tu poses alors ton pieds au creux de ses mains, puis alors qu’il te soulève tu prends légèrement appuie sur ses épaules avant de te redresser et te tendre les mains pour attraper au moins deux des bouquins qui t’intéresses. Tu peines un peu à tirer le premier de sa rangée de livres, mais finalement, tu réussis à les ramener à toi, tous les deux. “J’ai !” Et tout en disant cela, tu fais des gestes un peu brusques, te rendant compte un peu trop tard de ta bêtises. “Oops, désolée !”
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