cinnamon you throw me

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MessageSujet : cinnamon you throw me   
Lun 13 Nov - 0:35

cinnamon you throw me
ash & amael


tenue ✧ poison perche a ses lippes, son index et majeur maintiennent le corps de la cigarette, toxines se propageant toujours un peu plus chaque jour au sein de son organisme. les crevasses sous ses paupieres se creusent, lentement, a l'image de ses cotes, presque visibles dissimulees sous l'armure de ses couches de tissus. son etat se degrade, pourtant, amael l'aide, betement. quand est-ce qu'il a ete intelligent. un tant soit peu cense. il ne peut compter que sur ses dix doigts, la force de ses bras, de l'opression des obligations. on a pas besoin d'utiliser sa tete quand on est modele tel un mechanisme automatique a quatre temps, marche pause arret repeat. on a juste a faire. tout comme ses pieds pedalent, et pedalent encore, en direction du magasin, du travail. il n'est pas si pire, l'ambiance agreable et etrangement relaxante, comme un instant de repis dans ce monde qui bat parfois beaucoup trop vite. le salon est devenu un echapatoir, une pause dans sa vie, la responsable un veritable amour ayant pris pitie de ce pauvre gamin qui ne peut jamais s'arreter. il lui en doit beaucoup, pour l'avoir garde aussi longtemps, pour lui avoir offert de se servir sans avoir a payer une quelconque difference. il n'est meme plus question de pub, lorsqu'il parle de cet endroit, mais d'un veritable amour qu'il lui porte, c'est pourquoi devoir s'y rendre n'est pas tant une corvee comme tant d'autres ont a subir chaque matin.

ses prunelles dessinent du regard les alentours, ce paysage qu'il aime temps en cette saison, surtout d'ici, depuis le pont. il est long, particulierement long pour un pont de ville. amael ne les a jamais aime, faisant naitre en lui cette sensation etrange de couloir interminable, de perdre l'equilibre, de voir le monde tourner autour de lui. or, c'est d'ici que la vue est la plus belle, en son sens. spectacle a l'image des plus belles toiles peintes. le tableau serait parfait, si ce n'est pour la figure situee au bord, beaucoup trop au bord, fixant les flots sous ses pieds pendouillant absentement dans le vide. c'est comme un instinct, une alarme qui s'eveille, le poussant a quitter la route, abandonner sa bicycle, pour eteindre l'etranger, l'agripper comme si sa vie en dependait, comme si son poids suffirait a ne jamais les faire chuter. doucement, il le recule, ses bras enroules autour de son buste, alors qu'il halete des propos semblant incomprehensibles a ses propres oreilles, le souffle court, le coeur frappant sa poitrine.  « est-ce que vous allez bien.... monsieur ? soyez prudent, vous pourriez tomber un jour... » ses traits sont paniques, un contraste en face de ce visage beaucoup trop calme, comme s'il venait d'apercevoir un fantome. il lui rappelle un peu lui meme, parfois. tristement. il ne l'espere pas.

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MessageSujet : Re: cinnamon you throw me   
Lun 13 Nov - 21:53

cinnamon you throw me
ash & amael


tenue ✧ l'endroit lui est familier, non seulement parce qu'on a l'habitude de le retrouver perché sur tous les ponts de la ville, mais aussi et surtout parce que c'est exactement à cette même location qu'il avait essayé par le passé de se retirer la vie. les pieds au bord du vide, ses vieilles bottes décolorées touchant le bord de la barrière du pont, ses doigts à peine accrochés autour du fer censé protéger les passants d'une mort assurée, d'un plongeon dans l'étreinte glaciale de la rivière située juste au-dessous. il avait déjà tenté le saut de l'ange, priant avec ses yeux fermés que les étoiles l'accueilleraient en leur sein comme sa mère inconnue ne l'avait jamais fait. enfin, une étreinte de quelqu'un, deux bras enroulés autour de sa taille, autour de son pauvre corps misérable qui ne ressentait plus rien, qui ne faisait ressentir plus rien à personne. à quel point la chaleur d'un autre corps humain lui manquait, il le savait. mais il n'osait pas se l'avouer, liant lui-même les chaînes le retenant à ses peurs, préférant s'isoler des autres plutôt que de leur donner une chance, de se donner une chance. il n'en méritait pas, pas après tout le mal qu'il avait fait, et qu'il faisait encore.

il aurait pu être poète et malheureux, dire que les étoiles l'avaient refusées lors de son dernier plongeon, qu'elles l'avaient recraché salement sur l’asphalte grise et froide, tremblant et mourant, comme une sorte d'arrière-goût métallique dans la bouche, celui qui donne envie de plonger ses doigts dans sa propre gorge, de forcer autour de la peau tendre, de vomir ce sentiment étranger. mais rien de tout cela ne s'était passé, puisqu'il n'avait jamais trouvé le courage de sauter. il était resté là comme il restait là aujourd'hui, les yeux rivés sur le flot noir de l'hiver qui coulait furieusement en contrebas, pesant les pour et les contre, ne trouvant que des pour et zéro contre. mais toujours aucune bravoure présente en lui-même, qu'importe à quel point il cherche et creuse avidement. il n'a pas le temps de rebrousser chemin, enjamber la barrière à nouveau dans le bon sens que soudain, comme dans un rêve, comme dans un souhait stupide qu'un enfant ferait une nuit de cauchemars, une poitrine vient se coller à son dos, et deux bras comme il l'avait tant espéré embrassent sa taille. les yeux écarquillés, le cœur battant à ses tempes, le cœur au bord des lèvres, le cœur exalté et effrayé en même temps, et sa langue oubliée depuis longtemps quelque part dans sa gorge, l'argenté ne peut que se laisser traîner, en arrière, loin du danger du pont.

« est-ce que vous allez bien.... monsieur ? soyez prudent, vous pourriez tomber un jour... » la surprise retombe, en quelques secondes seulement. son visage redevient impassible, comme taillé dans du marbre et prêt à être exposé dans un musée d'anciennetés, ses yeux dénués de chaleur ou de vie. comme si l'homme qu'il était avait déjà sauté, et qu'il ne restait plus que cette stupide coquille de chair qui s'entêtait à ramper sur cette planète. comme un déchet, une mauvaise herbe, une vermine dont on ne peut se débarrasser vraiment. silence, comme il continue de dévisager celui qui doit s'imaginer être son sauveur, mais celui qu'il pense plus être un empêchement. des traits fins, jeunes et innocents, sur lesquels il devine facilement de la panique. pour lui, pour ce qu'il s'apprêtait à faire. une odeur de cigarette qui ne lui est pas étrangère ni insupportable, et qui pourtant lui donne envie de se frotter le nez de manière compulsive, de s'arracher l'intérieur des narines pour la faire disparaître. action, réaction. s'il s'écoutait, son poing aurait déjà terminé dans le visage du gosse, pour se prouver à lui-même qu'il n'avait besoin de personne pour justifier son excuse de vie quelconque, défigurer son messie dans un geste religieux et sacré. mais rien ne se passe, comme il reste là, stupide avec ses fesses qui prennent racine dans le sol, en face de ce garçon dont les lèvres s'ouvrent et se ferment, sans qu'aucun son compréhensible ne parvienne véritablement à ses oreilles.

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